Manifester encore et toujours : la bonne méthode ?

Le 8 décembre 2018, manifestation des Gilets jaunes ACTE IV à Paris. Sur les Champs-Élysées, les CRS chargent les Gilets jaunes.

En France, lorsque les citoyens ne sont pas d’accord, une tradition s’est instaurée au fil des décennies, consistant à faire des manifestations dans les rues. Ce mode d’action, inspiré par les mouvements syndicaux notamment, vise à établir un rapport de force avec les autorités politiques pour infléchir des décisions.
Ayant moi-même participé à de nombreuses actions de ce genre, j’ai pu en constater les forces et les limites.
Il est intéressant de remarquer que la prise en compte par les politiques de ces manifestations s’est atténuée au fil des ans. Dans les années 80 et 90, les leaders syndicaux arrivaient, par la rue, à faire plier un gouvernement sur un projet de loi. Ils étaient parfois moins nombreux, mais mieux organisés et avec des relais stratégiques dans des lieux d’influence, la presse notamment.

De nos jours, les actions de ce genre ont beaucoup moins d’impact qu’elles n’ont pu en avoir. Plusieurs raisons expliquent cela. Tout d’abord, les leaders syndicaux sont tous du côté du pouvoir, car ils font partie de la caste et de l’oligarchie et on ne les entend plus sur aucun sujet. Philippe Martinez, s’il a le « look CGT », n’a rien d’un révolutionnaire. Lui et les autres représentants appellent tous à voter pour le candidat du système, et une fois que celui-ci est élu, essaient de se faire passer pour des opposants au système. La ficelle est tellement grosse qu’il faut être idiot ou soi-même corrompu pour ne pas comprendre que ces représentants syndicaux mangent grassement à la soupe du système et ne sont que des épouvantails d’une opposition populaire contrôlée.

Deuxièmement, les responsables politiques et la caste qui nous dirigent se sont radicalisés. Les manifestations de 2012 sur le mariage pour tous avaient été annonciatrices de cette tendance. Plusieurs millions de personnes étaient descendues dans les rues, mais le tocard de l’époque à la Présidence, alias François Hollande, avait fait mine d’être sourd aux questions pertinentes et légitimes posées par ce mouvement.

Les manifestations des Gilets jaunes auront été marquantes, aussi bien par la démonstration de force populaire de ce mouvement que par la réponse ignoble des pouvoirs publics et de la vermine politique de notre pays. La violence de la répression a laissé des traces. C’était voulu par l’oligarchie qui nous « dirige ». Ces salopards en costards-cravates ont voulu montrer par l’intermédiaire du matraquage physique d’une population désespérée et à bout que c’étaient eux les « chefs ». Ils n’auront démontré qu’une seule chose, c’est que ce sont des mauvais chefs.
Il ne coûtait rien au Président de la République d’accueillir, à l’Élysée, des représentants des Gilets jaunes, d’écouter avec humanité leur colère, due à des vies devenues trop difficiles et de proposer de se mettre autour d’une table avec eux pour trouver des solutions. C’est ce en quoi consiste son travail, mais le comprend-il seulement ?

Non, ce tocard, qui se prend « pour notre chef », a préféré jouer au sergent instructeur en envoyant la troupe pour mater les citoyens qui dépassaient un peu trop du rang à son goût.
Dans ce contexte et avec les pseudo-mecs et bonnes femmes viriles qui prétendent gouverner notre pays, il ne sert à rien d’établir un rapport de force par l’intermédiaire de CRS interposés. Il faut faire du marquage individuel et non du marquage institutionnel collectif. Les oligarques se sentent pousser des ailes au cul, aller les leur couper sur leurs terrains de jeu me paraît plus pertinent. Je veux dire, en faisant des piquets de grève devant leurs hôtels de luxe, leurs clubs privés, devant leurs entreprises, en « bloquant » leurs filières d’approvisionnement pour leurs produits de luxe et de consommations favoris. Voilà quelques manières ciblées d’emmerder concrètement ces connards, sans avoir à passer par la case CRS.

Ils ont la tête dure, ils ont besoin que l’on remette les idées en place. Citoyennement bien sûr.

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