Guerre nucléaire, prémisses et prémices

Nous ne savons pas si l’ambiance nucléaire actuelle doit être prise au sérieux ou si elle n’est qu’un nième avatar de l’ambiance médiatique qui encore dernièrement nous a bien soûlés avec le covid, une crise sanitaire de gravité minime. Mais pour le nucléaire, au moins, nous ne partons pas de zéro, nous savons qu’une bombe atomique ça fait mal, et nous savons qu’il y en a beaucoup, bien réparties dans des camps rivaux, pour ne pas dire mortellement antagonistes. Nous savons aussi que la guerre n’est que la continuation de la politique par d’autres moyens, pour y voir plus clair, nous avons alors la ressource de nous demander de quelle politique la guerre nucléaire pourrait-elle être la continuation et selon quels scénarios.

La question du politique relève plutôt des prémisses, c’est-à-dire des conditions logiques – des préalables, si on préfère – qui doivent être réunies pour rendre possible une guerre nucléaire, la question des scénarios relève plutôt des prémices, c’est-à-dire des signes avant-coureurs d’une telle guerre, ceux-là même qu’on devrait voir apparaître en cas de mise en place d’un scénario de guerre.

Comme dit Kant, aucune des deux méthodes n’est préférable à l’autre, dans le cas du nucléaire, il est même recommandé de les utiliser conjointement: ce sont inévitablement les prémisses d’une guerre qui font reconnaître un événement comme étant une prémice, et l’observation d’une prémice peut venir remettre en cause la validité des prémisses qui au fond sont plus des postulats que des axiomes.

Bonne nouvelle, nous avons la réponse aux deux questions – politique et scénario :

1 – Pour la politique, c’est simple, les Anglo-Saxons, après avoir éliminé la France comme compétiteur mondial en 1815 à Waterloo, puis l’Allemagne en 1945 à Nuremberg, doivent maintenant éliminer la Russie: on croyait que c’était fait en 1989 avec la chute du mur, mais ce n’est manifestement pas le cas et c’est logique, pour éliminer un compétiteur, il faut une vraie bataille.

2 – Pour le scénario, c’est plus compliqué, il va falloir entrer dans les détails, mais la ligne générale est simple: après avoir épuisé en quelques jours ses stocks de munitions volontairement limités, l’Otan doit passer à la guerre nucléaire, c’est ce scénario qui est tout le temps joué lors des manœuvres à grande échelle de l’Otan, c’était déjà le cas du temps de la guerre froide, et l’Ukraine n’est jamais qu’une manœuvre un peu plus grande.

Mais heureusement, entrer dans une guerre nucléaire n’est pas si simple que ça, pour qu’un des protagonistes s’y engage, il faut qu’il ait un bon degré de certitude sur une rupture en sa faveur de l’équilibre des forces.

– L’équilibre des forces

Voici les éléments que nous a communiqués un spécialiste :

«Une guerre nucléaire fait intervenir 4 éléments.

1 : Le nombre et la puissance des bombes: on peut penser qu’il y a parité entre l’Est et l’Ouest et c’est sur ce seul constat que les Occidentaux se rassurent.

2 : La rapidité et la fiabilité des vecteurs: dans ce domaine, la supériorité semble bien être russe car la Russie a mis le paquet pendant vingt ans sur l’hypersonique alors que les USA qui guerroyaient un peu partout sur la planète se contentaient de maintenir en condition des vecteurs de conception ancienne.

3 : La maîtrise de l’environnement électromagnétique et spatial. C’est-à-dire les moyens de « déboussoler » les systèmes de guidage des vecteurs adverses et de faire en sorte qu’ils se perdent et n’arrivent pas au bon endroit. Là encore la Russie et l’Iran ont fait d’énormes progrès dans ce domaine pour améliorer leur capacité de défense alors que les USA, trop confiants dans leur supériorité technologique présumée, ont trop vécu sur leurs lauriers et n’ont pas assez travaillé le sujet.

Sur ces premiers points, les Russes n’ont pas encore dévoilé leur jeu et n’ont pas encore intérêt à le faire. Ils restent très sereins et sûrs d’eux-mêmes. Sans doute savent-ils déjà qu’ils ne seraient pas les plus gros perdants dans un échange nucléaire.

4 – Enfin il y a la profondeur stratégique des territoires concernés par les frappes. À puissance et nombre de bombes équivalents, une frappe russe fera beaucoup plus de dégâts sur les zones très densément peuplées d’Europe de l’Ouest ou des USA et sur des infrastructures très concentrées alors qu’une plus grande dispersion des populations et des infrastructures sur un territoire immense permettraient de limiter la casse sur les territoires de la Fédération de Russie, surtout si une partie des missiles adverses n’arrivent pas à l’endroit prévu».

Cette présentation se limite exprès à l’aspect technique en éludant provisoirement le deuxième facteur clé de la crédibilité de la dissuasion : le facteur humain, la détermination des protagonistes à recourir au feu nucléaire, le but de l’article est d’identifier le plus court chemin vers la guerre nucléaire et de voir si nous sommes dessus.

Mais même sur un simple plan technique, il reste à présenter un aspect auquel les Russes sont sensibles et qui joue dans l’équilibre des forces : la capacité des États-Unis à stocker des ogives et des vecteurs en Europe même, tout près des frontières russes.

II – La prolifération des ogives et des vecteurs US en Europe

Nous donnons en annexe un article de Ria Novosti dont nous retenons les problématiques suivantes que nous avons soumises au même expert :

1 – Les Russes semblent préoccupés par la multiplication des vecteurs, c’est-à-dire des avions polyvalents à capacité nucléaire, sur un radar, il n’est pas possible de distinguer un avion avec ou sans bombe atomique, or, ces vecteurs, comme le F35, sont aussi en service dans les flottes aériennes européennes : dans quelle mesure les différentes bases aériennes américaines en Europe sont-elles exclusivement américaines ? Est-ce qu’il y a des bases mixtes, par exemple, USA – Allemagne, dans ce cas, qu’est-ce qui peut empêcher un avion allemand de charger une bombe atomique américaine ?

2 – Les Russes semblent également préoccupés par le développement de manœuvres conjointes en Europe impliquant l’utilisation du feu nucléaire: dans quelle mesure un échelon de décision du commandement d’un pays européen serait-il susceptible de déclencher l’usage de la bombe atomique, après tout, l’Otan est un commandement intégré.

3 – Les Russes semblent également préoccupés par l’expansion du nombre de scénarios dans lequel le nucléaire pourrait intervenir en Europe, c’est-à-dire en Russie: quels sont ces scénarios ?

Dans l’ensemble,

4 – Les Russes considèrent les tendances qui précèdent comme relevant tout bonnement de la prolifération nucléaire, en gros, c’est comme si l’Allemagne, l’Italie, la Turquie, les Pays-Bas, la Belgique, avaient la bombe: ont-ils raison ?

5 – Les Russes s’inquiètent de voir se développer une sorte de « découplage 2.0 »: on se souvient qu’avant, on parlait du découplage Europe – USA pour justifier la dissuasion française car « jamais les USA ne risqueraient une guerre nucléaire pour les beaux yeux de l’Europe », or, aujourd’hui, les Américains semblent organiser un découplage d’un nouveau genre: une guerre nucléaire seulement en Europe.

Voici les réponses de l’expert :

«Trois sortes de vecteurs « nucléaires » peuvent être considérés dans les deux camps selon qu’ils partent d’infrastructures terrestres enterrées, d’un sous marin nucléaire (ou non) en cours de mission, ou d’un avion en vol.

Avec la composante sous-marine, la moins détectable, on peut s’approcher très près du territoire de l’adversaire, surtout lorsque celui-ci a une longueur de côtes de plusieurs milliers de kms, ce qui est le cas des USA et de l’UE. Un sous-marin peut être détecté, mais la probabilité reste faible et après tout, les eaux internationales sont ouvertes à la navigation de tous.

Par ailleurs, pour les composantes terrestres et aériennes, la crise de Cuba a appris aux Russes qu’il ne fallait pas médiatiser le déplacement de ses bombes et de ses vecteurs. Les excellentes relations entretenues entre la Russie et le Venezuela autorisent à penser qu’il y a peut-être aujourd’hui, sur une base vénézuélienne, quelques « conseillers russes » dotés de quelques vecteurs (avions ou missiles) et de quelques bombinettes, importés clandestinement (pièces détachées pour les vecteurs). On se rapprocherait ainsi du territoire US.

[FG: Les Russes ne se cachent d’ailleurs pas d’avoir déployé des TU160 au Venezuela, et pas en pièces détachées, c’était le 10 décembre 2018, le déploiement, toutefois, était provisoire, pour des exercices]

Enfin, l’hypersonique dont les Russes disposent depuis 3 ou 4 ans réduit considérablement les temps de parcours et donc le handicap de la distance. Bien sûr, l’excessive proximité des vecteurs de l’adversaire est un problème, mais moins sérieux qu’un pays surarmé (l’Ukraine) dont les gouvernants sont profondément russophobes, hostiles et fous furieux et sont devenus les proxies des USA dont les projets de démantèlement de la Russie sont parfaitement connus.

Question 1 :

Oui, il y a des bases mixtes, USA-Allemagne, USA-Turquie, USA-Italie entre autres. Mais seules les pistes d’envol sont mises en commun. Pour ce qui est des États-majors et des commandements des bases, il faut savoir qu’à côté des états-majors bi ou multinationaux auxquels participent des officiers US, il existe toujours des bâtiments hébergeant une structure et un état-major exclusivement US : « US eyes only ».

Autrement dit, l’intégration est une fiction car en cas de litige ou de différence d’appréciation entre l’état-major multinational intégré et l’état-major « US only » qui coexistent et cohabitent sur une même base, c’est l’état-major US only qui aura toujours le dernier mot. Les officiers non US devront se soumettre et le font régulièrement. Toute décision importante d’emploi des forces de l’OTAN, y compris et surtout nucléaire, devra être validée par l’état-major « US eyes only ».

[FG: donc finalement rien de nouveau par rapport à la doctrine américaine qui prévalait au moment de la guerre froide: la dissuasion américaine, du fait de l’Otan, ne doit pas devenir un pistolet avec trente doigts sur la gâchette (à l’époque, on disait plutôt 15 doigts, mais le nombre de pays membres a augmenté vers l’est, c’est bien le problème]

Par ailleurs je vois mal un avion allemand partir « en premier » avec une bombe sale US. L’opinion publique allemande ne le comprendrait pas et ne l’accepterait pas. Quel que soit le niveau d’intégration, l’armée de l’Air allemande a son propre état-major qui demanderait un feu vert politique pour déclencher une telle opération. Je doute qu’aucun gouvernement allemand puisse aujourd’hui prendre une telle décision qui engagerait la survie de son pays très vulnérable en cas de riposte massive.

[FG –  Soit, mais la question peut aussi se poser autrement: si à l’inverse les Américains demandaient aux Européens de mettre à leur disposition des F35 pour une mission nucléaire? C’est peut-être en ce sens que les Russes sont préoccupés, du reste, on peut aussi douter de l’innocence des pays Européens: quand ils achètent des F35, ils doivent bien savoir qu’ils ont la capacité nucléaire – américaine, évidemment. Au passage, on doit aussi noter un autre avantage des USA – moral cette fois, mais qui peut avoir son importance: nombre de pays sont demandeurs de l’installation d’ogives américaines sur leur sol, ce n’est pas le cas de la Russie]

Enfin, ces bases sont extrêmement surveillées, voire infiltrées par la partie russe. En particulier les dépôts de munitions nucléaires et le déploiement des missiles sur le terrain. Il est peu probable que l’OTAN utilise le nucléaire en un seul exemplaire pour une frappe en premier comme à Hiroshima car il y a, dans le cas envisagé aujourd’hui, une capacité de riposte qui n’existait pas en 1945. Autrement dit, il est peu probable que la préparation, même très courte, d’une frappe nucléaire impliquant plusieurs vecteurs puisse passer inaperçue.

Question 2 et 3 :

Pour le feu nucléaire, seuls les US prendront l’éventuelle responsabilité de le déclencher. Le seul pays théoriquement autonome reste la France (grâce à de Gaulle), mais elle ne l’est plus qu’à moitié depuis sa malheureuse réintégration dans la composante militaire intégrée de l’OTAN en 2007 et le syndrome de Stockholm dont ses élites civiles et militaires semblent être affectées. On la voit mal décider seule l’emploi du nucléaire contre la Russie. Elle peut bien sûr refuser de participer à une opération nucléaire de l’OTAN. C’est la précaution qu’a prise publiquement le président français en rappelant récemment les limites de l’emploi du nucléaire français au cours d’une conférence de presse.

Les manœuvres conjointes interalliées avec emploi du feu nucléaire tactique ont toujours existé pendant la guerre froide. Elles visaient à entraîner les troupes et les états-majors au combat qui ne pouvait être envisagé que dans la haute intensité et en ambiance NBC (Nucléaire- Biologique et Chimique).

La guerre prévue était donc courte, ce qui explique que la logistique ne nécessitait pas de stocks très importants : donc juste de quoi tenir une à deux semaines.

Depuis la dissolution du pacte de Varsovie, l’entraînement à la haute intensité en ambiance NBC est tombé en désuétude à l’Ouest sans pour autant adapter la logistique. En clair, aujourd’hui, les armées de l’OTAN ne sont plus équipées et entraînées pour mener une telle guerre. L’Armée française ne dispose que d’un stock de munitions permettant de combattre quelques jours (moins d’une semaine). Pas de quoi inquiéter la Russie.

En clair, les manœuvres conjointes à thème nucléaire de l’OTAN et la réaction officielle russe ne sont qu’un jeu de rôles à destination des opinions publiques mondiales. Rien de plus, rien d’inhabituel, rien d’inquiétant. L’OTAN tente de montrer des muscles qu’elle n’a plus. La Russie exploite le filon en exagérant fortement le risque posé par l’OTAN pour se poser en victime devant l’opinion mondiale. C’est aussi simple que ça.

Question 4 :

Déployer des bombes et des vecteurs nucléaires un peu partout en Europe et toujours plus près de la Russie peut être interprété, à juste titre, comme une prolifération nucléaire sur l’espace terrestre européen. On peut débattre de tout sauf des chiffres et des faits. Ce qu’il faut tout de même rappeler, c’est que l’expansion territoriale du nucléaire ne donne pas pour autant la maîtrise du feu nucléaire (boutons ou codes) aux pays qui hébergent les armes US.

En clair, ces pays prennent l’immense risque d’être les cibles des ripostes, alors qu’ils n’ont même pas la décision d’activer les armes hébergées sur leur sol et qui peuvent leur valoir soit un tir nucléaire en riposte, soit même un tir nucléaire préemptif visant à éliminer la menace. C’est tout simplement délirant.

D’autant que ce ne sont probablement pas des missiles intercontinentaux stationnés aux USA qui seront tirés en premier compte tenu des temps de parcours. Ce sont bien les missiles stationnés les plus près de la Russie, donc en Europe, qui partiront les premiers.

Reste à savoir si les politiques européens donneront unanimement leur feu vert a une telle entreprise. En dehors du Royaume-Uni, de la Pologne et des pays Baltes, je vois mal les grands leaders européens (Allemagne, France, Italie) donner leur accord pour tirer nucléaire à partir de leur sol, sauf en cas de péril existentiel avéré pour la survie de leur propre pays. (Comme l’a rappelé le président français)».

Puisque l’expert termine par la détermination des divers protagonistes à recourir au feu nucléaire, voici une petite volée d’événements qui semblent bien être des tests de cette détermination, et par conséquent, des prémices de la guerre nucléaire.

III – Tests et Prémices de la guerre

Dans tous les tests présentés, et c’est préoccupant, ce sont les Russes qui sont testés et les Russes qui se montrent frileux.

1 – Odessa, Kiev, Kharkov : comme nous l’avons déjà dit, ces trois villes nous semblent avoir été sanctuarisées, c’est-à-dire que l’Otan les a placées au-dessus du seuil nucléaire et pour l’instant, les Russes respectent ce seuil, à notre avis, c’est le test majeur, si les Russes renoncent à prendre ces trois villes, ils ont perdu, si l’Otan laisse prendre ces villes, c’est elle qui a perdu.

2 – La constellation de satellite Starlink. Le petit jeu autour de cette constellation est assez amusant, lorsque les Russes dénoncent l’utilisation de ces satellites pour les transmissions de l’armée Ukrainienne, le Pentagone répond que « ce n’est pas nous, c’est Ellon Musk», en revanche, si les Russes font mine de vouloir détruire ces satellites, là, d’un seul coup, le même Pentagone annonce que c’est passible de guerre nucléaire.

3 – Les sabotages du Nord Stream. Les Russes affirment que ces sabotages sont le fait des services spéciaux britanniques, mais ils se gardent d’en apporter la preuve en public: le faire serait clairement établir un casus belli qui ne pourrait pas rester sans réponse. Posons le problème autrement: les Russes sont bien placés pour savoir que ce n’est pas eux qui sont à l’origine des explosions, que donc c’est l’Otan, inversement, l’Otan sait bien qu’ils en sont les auteurs et ils voient que les Russes ne font rien … (voir annexe 2)

4 – L’attaque récente des drones marins et aériens sur la flotte de la mer Noire en Crimée. Là aussi les Russes disent que la manœuvre est de conception Otanienne, ils précisent même que les navigateurs des drones étaient de fabrication canadienne, mais à nouveau, pas de réponses de la part des Russes.

Précision qui tombe le 2 novembre : le ministère russe des Affaires étrangères présentera à Londres des preuves de l’implication de la Grande-Bretagne dans l’attaque de Sébastopol. Le MAE Russe les transmettra à l’ambassadrice britannique à Moscou, Deborah Bronnert.

5 – Un ancien officier de la Bundeswehr a mis en garde les pays de l’OTAN contre les provocations en Ukraine. Toute provocation de l’OTAN en Ukraine dirigée contre la Russie risque de se transformer en guerre nucléaire, a déclaré l’ancien officier de la Bundeswehr et lieutenant-colonel à la retraite Jurgen Rose.

L’ancien officier a parlé de la crise ukrainienne et a déclaré que l’aide fournie par l’Occident à Kiev fait partie des provocations contre Moscou. Tout d’abord, ils visent à détruire l’État russe et son armée.

«L’OTAN fait tout son possible pour inciter la Russie à utiliser des armes nucléaires tactiques sur le champ de bataille en Ukraine, afin de pouvoir ensuite détruire complètement les forces russes au motif qu’elles les ont utilisées », a déclaré Rose, cité par RIA Novosti.

Il a noté que son opinion est partagée par d’autres officiers de haut rang de la Bundeswehr. Rose a également souligné que l’Europe n’a jamais été aussi proche de la ligne au-delà de laquelle la guerre atomique commence.

6 – Baranets a averti du danger d’une guerre mondiale en cas d’ingérence de l’US Air Force dans le cours du SVO. L’invasion de l’US Air Force au cours d’une opération militaire spéciale en Ukraine peut provoquer le déclenchement d’une guerre mondiale.

« Les avions américains rôderont dans le ciel ukrainien non pas pour le plaisir de voler, ils seront engagés dans un travail de combat. Ils détruiront nos soldats et nos officiers. Nous allons contrer cela. Naturellement, ce sont des batailles aériennes, ce sont des bombardements, ce sont des avions qui tombent. C’est une guerre. Si les Américains apportent une guerre aérienne sur le territoire de l’Ukraine, et plus encore sur le territoire des républiques de Lougansk et de Donetsk, je pense que nous aurons le plein droit d’apporter une guerre aérienne sur le territoire des États-Unis », a déclaré Baranets.

Selon le colonel, les États-Unis sont en train de mettre en place un nouveau groupe de frappe de porte-avions en Europe pour tenter d’organiser la couverture aérienne des forces armées. On ne sait pas s’il y a eu une demande de Kiev ou s’il s’agit d’une décision des États-Unis, mais les pilotes des forces armées ukrainiennes suivent une formation de recyclage pour maîtriser les chasseurs américains F-16.

Et nous savons que le porte-avions Gerald Ford et son groupe viennent d’arriver en Angleterre.

Conclusion

Pour le moment, malgré l’intensité de la guerre en effectif et en matériel, malgré l’importance des pertes, malgré la localisation même du théâtre d’opérations sur le continent européen, la crise ukrainienne peine à atteindre l’intensité historique de la crise des missiles à Cuba en 1962.

Que ce soit parce que l’humanité est sortie de la période historique (fin de l’Histoire avec un grand «H» ou que soit parce que le sort du monde ne se joue plus en Occident – ce qui au fond revient au même, étant donné que c’était l’Occident le moteur de l’histoire, le fait est là, nous ne sommes pas parcourus d’un grand frisson, ce n’est pas ainsi que nous imaginions la Fin de l’Histoire.

Quoi qu’il en soit, nous ne sommes pas du tout curieux de savoir ce qui va remplacer l’Occident et l’Histoire.


Annexe 1 : article de Ria Novosti sur les bombes américaines en Europe. https://ria.ru/20221029/atom-1827716434.html

La Russie prendra en compte la modernisation des bombes atomiques américaines en Europe, a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

Le vice-ministre des Affaires étrangères Grushko : La Russie tiendra compte dans sa planification de la modernisation des bombes atomiques américaines dans l’UE

BAKOU, 29 octobre — RIA Novosti. La Russie prendra en compte dans sa planification militaire la modernisation des bombes nucléaires américaines déployées dans les pays européens et prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité, a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Alexander Grushko à RIA Novosti.

«Nous ne pouvons pas ignorer les plans de modernisation des armes nucléaires, ces bombes à chute libre qui sont déployées en Europe. Les États-Unis les modernisent, augmentent leur précision et réduisent la puissance de la charge nucléaire, c’est-à-dire qu’ils transforment ces armes en «armes de champ de bataille», abaissant ainsi le seuil nucléaire», a déclaré le diplomate.

Selon lui, Moscou tient également compte du remplacement des vecteurs américains de ces types d’armes : «Les États-Unis forcent leurs alliés à acheter des avions F-35 (qui peuvent emporter une arme nucléaire), mettre en œuvre d’autres mesures pour accroître la capacité des pays de l’alliance à surmonter les zones de blocage d’accès. C’est aussi une réalité dont nous devons tenir compte tant au sens politique que dans notre planification militaire», a expliqué le vice-ministre.

Il a ajouté qu’en plus de cela, l’OTAN elle-même a déjà pris des décisions pour renforcer la composante nucléaire dans les plans militaires de l’alliance, pour la rendre plus visible, pour augmenter le nombre d’exercices avec un scénario nucléaire, pour impliquer dans les exercices l’aviation stratégique des États-Unis, qui a commencé à voler dans le Royaume-Uni et ensuite voler le long de nos frontières.

«Nous notons également que l’OTAN n’abandonnera pas les missions nucléaires conjointes, qui, soit dit en passant, contredisent le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires – il interdit expressément le transfert, sous quelque forme ou à aucun stade que ce soit, du contrôle des armes nucléaires à des États non dotés d’armes nucléaires. Mais ce sont ceux qui participent aux missions nucléaires de l’alliance qui modernisent leur flotte aérienne et achètent des avions américains F-35, qui sont plus modernes que les F-16, Tornado et autres transporteurs», a déclaré Grushko.

La combinaison de ces facteurs, a-t-il dit, «fait l’objet de notre attention, y compris du point de vue de la planification militaire, et de l’adoption de toutes les autres mesures nécessaires pour assurer de manière fiable notre sécurité et notre défense».

Plus tôt, le journal Politico, citant un télégramme diplomatique et des sources proches de la situation, a rapporté que les États-Unis avaient accéléré le déploiement de la bombe atomique B61-12 modernisée sur les bases de l’OTAN en Europe.

Selon Politico, le programme de modernisation de la bombe atomique de 10 milliards de dollars est conçu pour remplacer les versions antérieures de l’arme, y compris environ 100 bombes stockées dans des bases aériennes en Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas et Turquie. Selon la publication, la livraison d’une version améliorée de la bombe était initialement prévue pour le printemps 2023. Cependant, selon un câble diplomatique, des responsables américains ont informé les alliés de l’OTAN lors d’une réunion à huis clos à Bruxelles en octobre, qu’il est maintenant attendu en décembre de cette année.

Annexe 2 : sur les Casus Belli créés par la Grande-Bretagne

Kornilov : La Grande-Bretagne a créé un casus belli pour une confrontation directe avec la Russie

Londres cherche activement une excuse pour une confrontation directe avec Moscou, en organisant une diversion sur les Nord Streams ou en essayant de faire sauter la baie de Sébastopol. Cela a été raconté à RIA Novosti par le politologue Vladimir Kornilov.

Selon Kornilov, de cette façon, le gouvernement britannique crée en fait un casus belli – un prétexte pour la guerre avec la Russie. On sait que Moscou a déclaré à plusieurs reprises son refus de participer à un affrontement armé avec les pays occidentaux, mais les actions de Londres donnent à la Fédération de Russie le droit à une réponse symétrique.

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